L'italien est la langue officielle en Italie : ce fait est inscrit dans l'article 1 de la loi du 15/12/1999 votée par le Parlement "la lingua ufficiale della Repubblica è l'italiano". L'article 2 précise: " In attuazione dell'articolo 6 della Costituzione e in armonia con i princípi generali stabiliti dagli organismi europei e internazionali, la Repubblica tutela la lingua e la cultura delle popolazioni albanesi, catalane, germaniche, greche, slovene e croate e di quelle parlanti il francese, il franco-provenzale, il friulano, il ladino, l'occitano e il sardo"1. Le Parlement italien a donc établi une loi qui cumule deux effets de nature linguistico-politique: la déclaration officielle que la langue italienne est celle de la République et son engagement pour la protection des langues minoritaires présentes sur le territoire. L'Italie a aussi dû faire face au phénomène du bilinguisme dans certaines régions ayant obtenu le Statut Spécial de région autonome. Dans ce cas la loi intervient quant au bilinguisme administratif à la demande de 15% des citoyens des communes intéressées ou de 1/3 des conseillers municipaux.  La loi 482 du 15/12/1999 intitulée "règles en matière de protection des minorités linguistiques historiques", garantit l'usage de la langue minoritaire à l'école (souvent dernier rempart de leur protection) aux cotés de la langue italienne, son emploi de la part des organismes communaux et provinciaux, la publication d'actes légaux en langue minoritaire (laissant l'exclusivité légale à la langue italienne), l'utilisation orale et écrite des langues dans l'administration publique (sauf dans les corps de la police et des forces armées), l’acceptation sur demande des noms et prénoms en langue originale et prévoit des conventions pour les services publics dans les secteurs de la télévision et de la radio. Cette loi s'applique dans les régions du Trentino-Alto Adige (art. 59, les lois et règlements régionaux et provinciaux sont publiés en italien et en allemand), Val d'Aoste (la loi Constitutionnelle n. 4 du 26/02/1948 art. 38, prévoit que la langue française soit reconnue officiellement comme paritaire à celle italienne, cela implique que les actes publics peuvent être publiés dans les deux langues, que l'enseignement du français dans doit être paritaire à celui de la langue italienne et que certaines matières peuvent être enseignées exclusivement en français),  Frioul-Vénétie Julienne (la loi n. 38 du 23/02/2001 art. 8 reconnait le droit à l'usage de la langue slovène dans l'administration publique et que certains documents officiels comme la carte d'identité soient rédigés en italien et en slovène ou en italien seulement), laSardaigne (la loi n.26 du 15/10/1997 déclare la langue sarde comme paritaire aux cotés de la langue italienne). En revanche le Sicilien n’est pas reconnu par l’État malgré la reconnaissance officielle de l’UNESCO et le nombre de locuteurs le parlant quotidiennement. Sauf la Sicile, il existe donc quatre régions qui bénéficient un statut spécial en Italie  auxquelles on garantit entre autres la protection de la langue et de la culture régionale. Même si ces lois sont en réalité parfois purement formelles, il n’en reste pas moins qu’elles protègent les langues minoritaires de l’oubli.

1 "Conformément à l'article 6 de la Constitution et en rapport avec les principes généraux établis par les organismes européens et internationaux, la République tutelle la langue et la culture des populations albanaises, catalanes, allemandes, grecques, slovènes et croates et de celles parlant le français, franco-provençal, frioulan, ladin, occitan et sarde"

LA TRADUCTION EST DE MOI